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Quel avenir pour l'épargne en France ?

Quel avenir pour l'épargne en France ?

13,5 %, c'est la part des revenus disponibles des Français qu'ils consacrent en moyenne à gonfler leur épargne. Si les supports sécurisés restent leur préférence, leur intérêt pour les placements plus risqués mais plus rentables et pour les projets verts fait son chemin. Explications.
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Épargne : le hiatus entre les souhaits et les actes

La troisième étude annuelle réalisée par Natixis Investment Managers auprès des épargnants français, au patrimoine financier allant de 75 000 à 300 000 €, vient de paraître. Elle fait écho à l’actualité législative, puisque l’état ambitionne une grande réforme de l’épargne. A l’aune de cette nouvelle donne, que nous apprend ce baromètre ? Gilles Hernert, directeur exécutif de Natixis IM pour les réseaux Caisse d’Épargne et Banques Populaires, évoque trois enseignements majeurs : un intérêt pour des placements rentables, une envie de faire évoluer leurs supports et une inadéquation entre cette parole exprimée et les actes.

Les personnes interrogées disent épargner avant tout pour financer leur quotidien (68 %), avoir de l’argent en cas de coup dur (65 %) et préparer leur retraite (45 %). L’épargne de projets est également présente : financement d’un projet de loisirs (35 %), d’études personnelles (27 %) ou pour ses enfants (26 %). Pour le panel, un placement réussi est celui qui obtient des résultats sans perte (53 %, + 7 points entre 2014 et 2017). Et les épargnants se montrent gourmands : pour 44 % d’entre eux, un placement rentable doit atteindre au moins 5,1 % (+ 0,3 point depuis 2015).

Un regain d’intérêt pour les produits boursiers

Parmi les placements rentables, les actions cotées en bourse sont jugées plus performantes. Viennent ensuite les contrats d’assurance-vie en euros, les contrats d’assurance-vie en unités de compte, les titres obligataires d’état et l’épargne salariale. Le Livret A, si cher aux Français, pointe en dernière place de ce classement.

Le baromètre indique aussi que 7 français sur 10 ont été proactifs en 2017 vis-à-vis de leur épargne. Les deux-tiers (68 %) ont revu leurs objectifs et même modifié leurs placements. Ils ont plus ostensiblement délaissé les produits réglementés dans un but de diversifier leurs supports. Ceux qui n’ont pas bougé évoquent la nécessité de ne pas prendre de risque (46 %), ou avancent l'argument d'un manque de visibilité (24 %) voire de l’instabilité du contexte (18 %).

Les volontés des épargnants pour 2018

Que disent les épargnants français pour 2018 ? 42 % prétendent vouloir revoir leur position, 9 % étant certains de faire des arbitrages dans leur portefeuille actuel. Toutefois, un tiers seulement désire vouloir prendre plus de risques pour décrocher un niveau de rentabilité supérieur. La diversification des contrats semble le moyen d’y parvenir.

Gilles Hernert analyse et en tire certaines conclusions : « le contexte favorable, avec des marchés porteurs, tend à redonner de la confiance aux épargnants pour diversifier leurs placements. Cette confiance, les clients la placent en premier lieu dans leur conseiller bancaire pour leurs projets d’épargne. Force est donc pour nous d’accompagner et de former les équipes commerciales dans les agences bancaires. ».

Les conclusions de l’étude Naxitis Caisse d’Épargne et Banques Populaires entrent en résonance avec celles extraites du premier baromètre de l’épargne et de l’investissement publié par l’Autorité des marchés financier fin 2017. Les Français se disent toujours attachés aux supports sécurisés (41 %). Un sur cinq seulement se tournerait vers des actions ou des SICAV.

Si 4 personnes interrogées sur 10 prétendent connaître tous les placements disponibles, paradoxalement à l'enquête précédente qui loue l'apport du conseiller bancaire, la quasi-totalité (95 %) dit gérer elle-même son épargne. Par ailleurs, une épargne bloquée n’enchante guère les Français qui apprécient les produits liquides. Seulement 10 % accepteraient de bloquer leur épargne sur une durée de 10 ans. En revanche, leur intérêt pour les marchés et la bourse en ligne augmente (28 %), tout comme la confiance perçue à l'endroit des actions (22 %). Toutefois, ces dernières sont massivement jugées comme complexes et risquées.

Reverdir les placements des Français

Le gouvernement veut justement inciter les épargnants Français à diversifier leurs placements, notamment pour financer l’activité économique. Parmi les pistes explorées, l’état souhaite que les compagnies d’assurance proposent de nouveaux fonds consacrés au climat dans les contrats d’assurance-vie. Dans la même lignée, les fonds du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) seraient fléchés sur des projets verts (rénovation thermique, rénovation énergétique).

L’actuel Ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, souhaite « offrir à chaque Français, la possibilité de placer leur épargne dans un produit qui finance la transition énergétique et l'adaptation au changement climatique ». Une enquête menée par l’assureur Aviva indique que 60 % des épargnants sont favorables à ce que leur argent participe à des investissements répondant aux préceptes du développement durable. Mais moins d’un sur dix (9 %) a connaissance des solutions.

La Fédération Française de l’Assurance s’engage d’ici à la fin de l’année à ce qu’un support en unité de compte « vert » ou « responsable » soit offert dans les nouveaux contrats d’assurance-vie. Ces fonds sont identifiables par les labels TEEC (transition énergétique et écologique pour le climat) et ISR (Investissement Socialement Responsable).

Banques en ligne

Article rédigé par Olivier B.
Rédacteur web pour www.banques-en-ligne.fr

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