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Le modèle des banques : quelle tournure dans les années à venir ?

Le modèle des banques : quelle tournure dans les années à venir ?

Afin de mieux cerner les tendances en cours dans l'univers bancaire, le cabinet Deloitte a publié en mars dernier sa 7e édition Banking Trends. L'étude intitulée « 2018, le retour de la confiance ? » balaye contexte macro-économique, panorama réglementaire et nouveaux modèles. Décodage.
Quelle tournure les banques vont-elles prendre ?

Banque : une concurrence accrue à tous les niveaux

Les auteurs de l’étude estiment que plusieurs forces sont en train de redessiner l’univers bancaire. C’est le cas de la banalisation des coûts. En adoptant de nouveaux outils technologiques, les établissements bancaires accélèrent la marchandisation des facteurs de coût grâce aux opérations de mutualisation, d’externalisation et d’automatisation. Ces nouvelles technologies contribuent à faire émerger de nouveaux bénéfices, créant des ruptures ou des connections à l’intérieur de la chaine de valeur.

L’étude souligne l’émergence des plateformes digitales BtoB et BtoC, ainsi que des agrégateurs de données. Ces acteurs multiservices sont de plus en plus sollicités par les banques comme canaux de distribution et d’échange. Se posent alors la question de l’identité des futurs détenteurs de l’expérience client et ses corolaires : quid du contrôle des données ? de la curation des produits ? de l’impact des marques distributeurs ?

Les banques s’engagent désormais sur la monétisation des données qu’elles recueillent depuis toujours, mais qui deviennent désormais des gisements de richesse exploitables avec l’essor du Big Data et des algorithmes d’analyse à l’instar de ce que font déjà les géants du web. D’autant que ces données deviennent accessibles à des Fintechs par le biais de partenariats. Deux autres forces agissent sur le panorama de la banque : le déploiement de l’intelligence artificielle et les perspectives qui en découlent, et, en creux, la dépendance aux technologies.

Focus sur la digitalisation des paiements

Parmi les tendances, le paiement est au centre des préoccupations sous l’impulsion de la montée en puissance des achats en ligne et du paiement mobile instantané. Les auteurs s’interrogent d’ailleurs sur les intentions des géants du web à s’étendre sur les points de vente physiques et sur le devenir des cartes bancaires et de leur écosystème actuel sérieusement menacé. Cette question est d’autant plus légitime quand on note la pression continue exercée sur les marges : intensification de la concurrence, hausse des coûts de mise en conformité. Ces plateformes et autres Fintech ont-elle vocation à devenir des partenaires privilégiés des banques ou au contraire des concurrents… ?

En revanche, l’usage du paiement mobile est pour le moment limité, ces solutions n’apportant pas d'avantage fonctionnel suffisant. L’étude s’interroge sur la diffusion du succès du paiement mobile en Asie à l’Europe. De même, la médiatisation des crypto-monnaies ne signifie pas une démocratisation de ce mode de paiement. Les coups de frein portés par les régulateurs ont calmé certaines ardeurs. Toutefois, on peut là encore s’interroger sur la contrition des marges des banques si les autorités régulatrices instauraient à terme une réglementation des crypto-actifs. La récente chute des principales cryptomonnaies incite les personnalités des marchés aux Etats-Unis à dénoncer de pures bulles spéculatives, alors que d’autres se laissent tenter (Goldman Sachs, Nasdaq, Facebook).

De la banque digitale à l’open banking

Le modèle traditionnel de distribution subit une dynamique disruptive sous les coups de boutoir des nouvelles capacités technologiques portées par l’intelligence artificielle et les API. A ce phénomène, il faut ajouter la pression exercée sur les marges et celle issue des nouveaux cadres réglementaires. En termes d’expérience client, les banques courent après les Fintech et les géants du numérique d’où l’accélération des chantiers de modernisation notifiés dans les différents plans stratégiques pluriannuels. Toutefois, on en revient à la problématique de la dépendance à moyen terme vis-à-vis d’acteurs technologiques tiers. Cependant, malgré cette révolution numérique, les clients demeurent plutôt fidèles à leur banque traditionnelle.

Si les banques en ligne grappillent des parts de marché et que les néobanques affichent leurs ambitions, changer de banque est un pas que peu de Français franchissent. Ces derniers préfèrent d’ailleurs investir dans l’immobilier plutôt que dans les produits d’épargne financière. L’épargne immobilière a bondi de 17,1 % entre 2009 et 2017 selon une étude Xerfi, contre un dévissage de 27,2 % pour l’attrait des seconds. D’ailleurs, les banques sont particulièrement vigilantes sur le segment du crédit immobilier, produit d’appel pour capter et fidéliser un client.

Mais l’arrivée de l’open banking pourrait changer la donne avec la création de plateformes digitales de distribution. Celles-ci pourraient rester la propriété des banques ou appartenir à des tiers. Contrairement à la seconde perspective dans laquelle les banques agiraient comme membres d’un écosystème de partenaires, la première option fait qu’elles conserveraient la gestion de l’interface client et des données qui vont avec. Reste à savoir si c'est toujours leur rôle. Réponses dans les années à venir !

Banques en ligne

Article rédigé par Olivier B.
Rédacteur web pour www.banques-en-ligne.fr

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