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Qu'est-ce qu'une banque mutualiste ?

Qu'est-ce qu'une banque mutualiste ?

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65 %, c’est le pourcentage de comptes bancaires détenus en France dans des banques mutualistes. Portée par un maillage dense de leur réseau d’agences, cette catégorie d’établissements bancaires a pourtant comme objectif de faire des bénéfices mais en défendant certaines valeurs. Alors, comment définir une banque mutualiste ? Quelles différences et quels avantages par rapport à une banque classique ? Réponses.

Définition d’une banque mutualiste

Une banque mutualiste se caractérise par le fait qu’elle appartient à ses clients. Ceux-ci sont donc autant clients qu’associés, usagers que propriétaires. La direction d’une banque mutualiste se veut plus démocratique puisque la propriété est collective. Chaque client acquiert des parts sociales dans l’entreprise. En devenant associé au capital de la banque, le client sociétaire a le droit de participer et de faire entendre sa voix au chapitre lors des assemblées générales annuelles.

Bon à savoir : le sociétaire n’est pas un actionnaire. Le fonctionnement de la banque n’est pas au service de la recherche de dividendes.

L’histoire des banques mutualistes en France s’écrit en réaction aux thèses capitalistes. Sous l’influence des penseurs Joseph Proudhon et Charles Fourier, leur philosophie épouse certaines valeurs telles que la lutte contre la pauvreté et l’accès à la banque pour tous y compris dans les zones rurales jusqu’alors délaissées. La césure entre les banques mutualistes (Crédit Mutuel, Crédit Agricole, Banques Populaires et Caisses d’Epargne) et les banques classiques (Société Générale, BNP Paribas, LCL) reste en place jusque dans les années 1960.

L’exode rural pousse les clients des banques à migrer dans les villes, obligeant les banques mutualistes à opérer leur virage urbain. La concurrence entre les banques mutualistes et les banques traditionnelles se renforce. Qu’en est-il de nos jours ? La différence semble désormais ténue, d’autant que les banques mutualistes ont basculé en société anonyme, leur forme juridique. Ainsi, les tarifs et les services ont tendance à s’aligner. Et les banques mutualistes peuvent même racheter des banques traditionnelles à l’instar du Crédit Agricole, devenue maison mère de LCL.

Toutefois, un marqueur semble perdurer : les banques mutualistes sont essentiellement régionales. Autrement dit : elles couvrent un territoire précis, coïncidant généralement avec une ou deux régions administratives françaises. De fait, ces banques régionales bénéficient d’une large autonomie comme le fait de pouvoir fixer librement leurs tarifs bancaires. Toutefois, là encore, des contre-exemples viennent nuancer le propos, à l’image du Crédit Coopératif, filiale des banques populaires, qui présente une compétence nationale avec une harmonisation des tarifs sur tout le territoire.

Focus sur la gouvernance des banques mutualistes

Les banques mutualistes possèdent des sociétaires, des usagers qui ont des parts sociales dans l’entreprise. Chaque sociétaire représente une voix (un homme, une voix), quel que soit le nombre de parts sociales détenues. A titre d’exemple, la gouvernance du Crédit Agricole s’élabore ainsi : un sociétaire élit le dirigeant de sa caisse régionale, lui-même désignant les représentants siégeant à la fédération nationale de la banque verte. Cette fédération nationale joue le rôle en quelque sorte de lieux de réflexion sur la stratégie globale à mener.

La démarche pour devenir sociétaire d’une banque mutualiste est simple : il suffit de prendre contact avec son conseiller bancaire et de demander à acheter une ou plusieurs parts sociales. Les résultats de la banque influent sur les pertes et les bénéfices de vos parts sociales. Toutefois, les établissements bancaires mutualistes sont rarement déficitaires. Par ailleurs, les sociétaires peuvent profiter de certains services ou de taux d’emprunt plus avantageux pour leurs crédits.

Les atouts des banques mutualistes résident dans leur gestion décentralisée. Au plus près du terrain, elles profitent d’une meilleure connaissance des attentes et des besoins de leur clientèle pour leur apporter des solutions adaptées. Parallèlement, elles ont le souci de limiter les risques importants en s’aventurant sur des opérations trop spéculatives sur les marchés financiers. Une banque mutualiste valorise aussi les actions et les projets servant à résorber le chômage et l’exclusion sociale, et à soutenir le développement durable et la responsabilité sociale.

Différence entre une banque mutualiste et une banque coopérative

D’un point de vue réglementaire, une banque mutualiste n’existe pas. Pourquoi ? Parce qu’une banque possède un capital social en tant que société anonyme. Or, contrairement aux coopératives, une mutuelle se définit justement par le fait qu’elle ne possède pas de capital social. Ses fonds sont issus de la collecte des cotisations de ses membres. Fixes, ces cotisations représentent l’essentiel des fonds propres des mutuelles. Il faut donc désigner ces établissements bancaires comme des banques coopératives à esprit mutualiste, faisant ainsi référence à la doctrine économique.

Le mutualisme est un ensemble de valeurs qui embrassent aussi bien le développement durable, la solidarité et la proximité, justement des valeurs que prônent nos banques coopératives. Le mutualisme est une philosophie d’organisation des échanges économiques, alors que les mutuelles et les coopératives sont des formes d’entreprises qui se définissent par :

  • leur caractère collectif qui fait que lors d’une cessation d’activité, l’actif disponible n’est pas réparti entre les sociétaires puisqu’ils n’en sont pas propriétaires individuellement ;
  • la recherche du service avant la recherche du profit (meilleur service au meilleur coût) ;
  • la souveraineté de son assemblée générale (1 homme = 1 voix).

L’Alliance coopérative internationale (ACI) définit la coopérative ainsi :

« Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement ».

Le secteur bancaire n’est pas le seul concerné par le statut de coopératives puisqu’on retrouve des coopératives d’entreprises (les associés sont des entrepreneurs : artisans, commerçants, transporteurs, etc.), des coopératives d’utilisateurs (les associés sont des usagers : HLM, scolaire, consommateurs, etc.), des coopératives de production (les associés sont les salariés comme dans les Scop) et des coopératives multisociétariales.

L’ACI évalue à 21 000 coopératives en France, dans lesquelles travaillent 750 000 employés (troisième rang européen). Elles génèrent 257 milliards d’euros de chiffre d’affaire et un Français sur deux est membre d’une ou de plusieurs coopératives, à commencer par les sociétaires des banques coopératives à esprit mutualiste !

Liste des principales banques mutualistes en France

  • Le Crédit Agricole : 9,3 millions de sociétaires & 21 millions de clients ( 39 Caisses régionales )
  • La Caisse d’Epargne : 4,8 millions de sociétaires & 20,5 millions de clients ( 17 Caisses régionales )
  • Le Crédit Mutuel : 7,7 millions de sociétaires & 11,8 millions de clients ( 18 Caisses régionales )
  • La Banque Populaire : 4,1 millions de sociétaires & 9,2 millions de clients ( 15 Caisses régionales )

 

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