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Quelles sont les banques françaises les plus sûres ?

Quelles sont les banques françaises les plus sûres ?

Les banques françaises ont l'obligation de présenter une grande solidité financière étant donné les effets dévastateurs qu'une faillite peut engendrer sur le secteur bancaire et faire rejaillir sur la société en règle générale. Pourtant, le grand public a tendance à confier son argent sans trop s'interroger sur leur solidité et sur ce qu'il se passerait en cas de faillite.

Les banques françaises les plus sures

Alors, quelles sont les banques françaises les plus sûres ? Quel est le mécanisme qui garantit les dépôts ? Mon épargne se volatilise-t-elle en cas de défaut d'une banque, d'une banque en ligne ou d'une néobanque ? A quoi sert le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution ? Pas de panique, on vous dit tout ! Voici les points que nous aborderons :


Quelle est la situation des banques françaises à la fin 2017 ?

Situation des banques FrançaisesEn 2017, les six grands groupes bancaires français (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel et La Banque Postale) ont présenté de solides performances. Leur produit national brut (PNB) en 2017 représente 146,4 milliards d'euros (+0,5 %). La croissance des activités de banque de détail demeure modérée (+0,5 %) comparativement à celles dédiée à la gestion d'actifs et de l'assurance (+ 9,6 %). 

Ces résultats s'inscrivent dans un contexte économique en progression légère, caractérisée par des taux d'intérêt toujours bas et une faible volatilité des marchés. En 2017, la hausse des encours de crédits(1) et la dynamique des commissions (+ 6,2 %) sont insuffisantes pour compenser la faiblesse des marges. Le coefficient d'exploitation(2) (69 %) s'est dégradé à cause d'une hausse des frais de gestion plus élevée que celle du PNB.

(1) encours de crédit : représente la somme qui a été empruntée, mais qui n'a pas encore été remboursée.
(2) coefficient d'exploitation : ratio permettant de mesurer l'efficacité de l'exploitation d'une banque. Il est calculé en comparant les coûts fixes et le produit net bancaire (gains réalisés) de la banque. Plus ce ratio est bas, plus la rentabilité est élevée.

Le coût du risque(3) des banques baisse, retrouvant ainsi un niveau similaire à 2007. Par rapport au total de bilan, le coût net du risque s'établit à 0,11 % (-2,7 points de base). La hausse du résultat avant impôt de 3,6 % confirme la progression de la rentabilité d'exploitation. Le résultat net total et la rentabilité moyenne des actifs se stabilisent. La rentabilité sur capitaux propres est de 6,3 %, attestant d'un léger recul de 0,2 points de pourcentage. Le niveau de rentabilité sur capitaux est toutefois supérieur à la moyenne des banques européennes comparables (5,9 % en moyenne contre 6,3% en France).

(3) coût du risque : provision ponctionnée sur l'ensemble des montants prêtés par les organismes de crédit afin de faire face aux impayés.

Les grandes banques françaises ont poursuivi leurs efforts en matière de renforcement de la qualité de leurs ratios prudentiels(4) et de leurs bilans. Elles ont d'ailleurs anticipé l'instauration de nouvelles exigences réglementaires. Ainsi, le bilan agrégé des cinq grands groupes atteint 6282 milliards d'euros (-3,3 %). Cette baisse est essentiellement la résultante d'une réduction de la taille des portefeuilles de transaction et des actifs disponibles à la vente. 

(4) ratios prudentiels : ratio en-dessous duquel la banque présente un risque d’insolvabilité. Ce ratio est calculé en comparant les montants que la banque prête au montant de ses fonds propres (capitaux propres = capitaux des actionnaires + profits réalisés).

Simultanément, à l'actif, on assiste à l'augmentation des comptes de trésorerie et des dépôts auprès des banques centrales (+ 14,9 %) et des crédits auprès des entreprises non financières (+ 9,6 %). Au passif, les dépôts des clients en dehors des établissements de crédit bondissent de 3,2 %, tout comme les capitaux propres part du groupe (+ 2 %). La qualité des crédits en portefeuille se poursuit avec un taux d'encours dépréciés en recul de 45 points de base à 3,45 %. Ce score est porté par les encours aux ménages et aux sociétés non financières. Depuis 2015, le taux de provisionnement global se stabilise. 


Quel est le ratio de solvabilité des banques françaises ?

Le ratio de solvabilité CET 1(5) en cumul des grands groupes bancaires français a augmenté de 50 points de base, s'établissant à 13,8 %. Ce résultat est le fruit d'un double effet : la hausse des fonds propres CET1 (+3,4 % à 306 milliards d'euros) et la baisse des actifs pondérés (-0,4 % à 2221 milliards d'euros). De fait, le ratio CET 1 médian est légèrement supérieur à celui d'un échantillon des grandes banques européennes (14,1 % contre 13,9 %). Ce score est notamment porté par les groupes mutualistes. 

(5) Common Equity Tier 1 : littéralement Fonds Propres Communs de base, le Tier 1 est la partie la plus solide des fonds propres assurant la solvabilité d'une banque et sa capacité de rembourser les dépôts des clients. La part du CET1 doit être majoritaire dans les fonds propres de base. Les banques visent un minimum de 7% pour ce ratio. Plus ce ratio est élevé, plus la banque est solvable.

Ratios de solvabilité CET1(5) des banques françaises fin 2017 :

Banque Ratio de solvabilité CET 1
Logo du Crédit Mutuel
Crédit Mutuel
17, 4 %
Logo de la Banque populaireLogo de la Caisse d'épargne
BPCE (Banque populaire et la Caisse d'épargne)
15,4 %
Logo du Crédit Agricole
Crédit Agricole
14,9 %
Logo de la La Banque Postale
La Banque Postale
13,4 %
Logo de BNP Paribas
BNP Paribas
11,8 %
Logo de la Société Générale
Société Générale
11,4 %

Entre 2016 et 2017, les ratios de liquidités(6) des banques françaises ont même augmenté : 131,7 % pour le Liquidity Coverage Ratio (LCR)(6) et 107 % pour le Net Stable Funding Ratio (NSFR)(6). Les banques françaises ont su enfin anticiper les nouvelles exigences relatives à la capacité totale d'absorption des pertes, dont l'application débutera dès 2019.

Les banques françaises respectent le ratio minimum de 100 % exigé par l'article 460 du règlement n°575/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 pour le LCR(6).

(6) Ratios de liquidité : 2 ratios de liquidité existent : le LCR pour les liquidités à court terme (30 jours) et le NSFR pour les liquidités à long terme (1 an). Ces ratios permettent de garantir un niveau de liquidités suffisant pour que les banques puissent continuer leurs activités sereinement malgré des situations de fortes tensions financières, comme celles vécues lors de la crise mondiale de 2007/2008.

Ratios de liquidité LCR(6) des banques françaises fin 2017 (minimum exigé de 100 %) :

Banque Ratio de liquidité (LCR)
Logo de la La Banque Postale
La Banque Postale
157 %
Logo de la Société Générale
Société Générale
140 %
Logo du Crédit Mutuel
Crédit Mutuel
134 %
Logo du Crédit Agricole
Crédit Agricole
133 %
Logo de BNP Paribas
BNP Paribas
121 %
Logo de la Banque populaireLogo de la Caisse d'épargne
BPCE (Banque populaire et à la Caisse d'épargne)
110 %

Les banques françaises sont-elles sûres ? Les points à surveiller

Malgré ce tableau plutôt encourageant au sujet de la question « les banques françaises sont-elles sûres ? », l'ACPR(7) émet quelques points de vigilance :

  • Seconde année consécutive de hausse des coûts d'exploitation bien que les plans de transformation des banques françaises se soient succédés (toutefois, le coefficient d'exploitation se situe dans la moyenne de leurs homologues européennes) ;
  • L'émergence de nouveaux risques (cyber sécurité, traitement des données, continuité d'activité, etc.) suite à la transformation des banques (qui visent une baisse de coûts structurels, une meilleure appréhension de la révolution numérique et l'apparition de nouveaux concurrents) ;
  • Le contexte durable de taux bas qui menace le redressement de la marge nette d'intérêt pouvant amener les établissements à prendre plus de risques (en ce sens, le Haut Conseil de Stabilité Financière a décidé en mai 2018 l'application d'une mesure ciblée sur les expositions aux grandes entreprises les plus endettées) ;

L'accord de Bâle III entériné le 7 décembre 2017 marque un net progrès dans la stabilisation du système financier car il s'inscrit dans l'équilibre entre, d'une part, la conservation de la sensibilité au risque et, d'autre part, la baisse de la variabilité des actifs pondérés par les risques.

(7) ACPR : Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution, en charge de la surveillance de l'activité des banques et des assurances

De Bâle I à Bâle IV : les réglementations qui contraignent les banques 

Explication des différentes lois BâleLe nom de la ville du nord-ouest de la Suisse est désormais associé à la recherche d'une stabilisation du système financier mondial. Le Comité de Bâle est créé en 1974 au moment où un mouvement de déréglementation financière se met en place. Le Comité a pour vocation de veiller à la consolidation et à la stabilité du système financier international à travers la rédaction d'un cadre réglementaire.

Réglementation de Bâle I

Baptisé Accords de Bâle I, le premier cadre est mis en place en 1988. Il définit les exigences minimales des fonds propres au regard de la totalité des encours de crédit octroyés par un établissement financier. C'est ce qu'on appelle le ratio Cooke établi à 8 % des emplois pondérés. Il s'articule autour de trois axes : les fonds propres Tiers 1(5), Tiers 2 et Tiers 3. En revanche, cette introduction au ratio de solvabilité délaisse les risques opérationnels et les risques de marché. Sa révision est devenue évidente quand, à partir de 1996, le marché des produits dérivés(8) a émergé puis explosé.

(8) Produits dérivés : Ce sont des instruments financiers (swaps, futures et options) dont la valeur dépend d'un actif sous-jacent (emprunt d'Etat, matière première, devise, indice boursier...). Ils s'échangent sur les marchés à terme. Au départ créés pour se prémunir d'un risque résultant d'une opération, ils sont également depuis, largement utilisés pour spéculer.

Réglementation de Bâle II

Le cadre réglementaire Bâle II s'est donc intéressé aux risques qui n'entraient pas dans les bilans des banques, c'est-à-dire essentiellement les produits dérivés de gré à gré. La réforme ne survient toutefois qu'en 2004. Elle se structure autour de trois piliers :

  • le calcul des exigences minimales de fonds propres au titre de risques de crédit/contrepartie, opérationnel et de marché ;
  • le renforcement de la surveillance prudentielle par les superviseurs nationaux pour :
    • s'assurer que les établissements bancaires possèdent un niveau de fonds propres suffisant face aux risques, le régulateur ayant la possibilité de rehausser les fonds propres réglementaires préalablement fixés ;
    • inciter les banques à créer et employer de meilleures techniques de gestion des risques (pilotage de la liquidité).
  • l'amélioration de la communication financière :
    • faire la promotion de la sécurité des banques par le biais d'une communication transparente ;
    • engendrer une émulation entre les banques sur la qualité de leurs process et leurs outils de pilotage, et faciliter la sanction des marchés sur le profil et la gestion des risques de l'établissement bancaire.

Le ratio Mc Donough prend le relais du ratio Cooke en incluant dans ce nouveau ratio de solvabilité, le risque de marché et le risque opérationnel. Enfin, l'évaluation du risque de crédit est affinée. Toutefois, la crise financière majeure de 2008 démontre les carences de Bâle II notamment en matière de risque de liquidité. Ce à quoi s'attèle la réglementation Bâle III qui est entrée en vigueur en juillet 2013. 

Réglementation de Bâle III

Son objectif est de stabiliser le système financier après la déflagration subie par les banques et surtout l'économie réelle. Le nouveau cadre réglementaire cible 4 points principaux :

  • La consolidation de la structure de capital des banques : le ratio de solvabilité passe de 8 % à 10,5 % ;
  • L'amélioration de la gestion de la liquidité (Liquidity Coverage Ratio et Net Funding Stable Ratio) ;
  • La maîtrise de l'effet de levier pour encadrer la taille du bilan des banques ;
  • La couverture des risques du portefeuille de négociation.

Réglementation de Bâle IV

Les autorités prudentielles mènent actuellement une réflexion sur les modalités de calcul des emplois pondérés qui ne permet pas de comparer les différentes banques. Parmi les principales mesures d'un éventuel Bâle IV, on peut avancer sur :

  • Les mesures de résolution :
    • introduction du MREL (Minimum Own Funds an Eligible Liabilities) et du TLAC (Total Loss-Absorbing Capacity) ;
    • instauration du Fonds de Résolution unique (FRU : permet de garantir les actifs et les passifs d'une banque en difficultés financières).
  • Le risque de crédit :
    • révision de l'approche IRB (Internal Rating Based : prenant en compte la qualité de l'emprunteur, via un système de notation financière interne), du calcul de l'approche standard crédit et du traitement prudentiel de titrisation ;
    • instauration des Floors (la baisse maximale d’un crédit à taux variable. Un Floors est généralement associé à un taux plafond)
  • Le risque opérationnel :
    • nouvelle approche SMA (Standardized Measurement Approach : calcul fixant le montant de fonds propres exigés).
  • Le risque de marché :
    • révision du FRTB. (Fundamental Review of the Trading Book : ayant pour objectif de réguler la manière dont les banques évaluent les risques provenant de leurs activités, ainsi que leur seuil de fonds propres).
  • Le risque de contrepartie :
    • révision de l'approche standard de calcul de l'EAD ;
    • revue du prudentiel des CVA.

Alors que les contours de la nouvelle réglementation restent à définir, les établissements bancaires agissent par anticipation et préparent une augmentation importante de l'exigence en capital imposée par le retour des approches standardisées. La fédération bancaire européenne parle de 850 milliards d'euros de capital supplémentaire. 


Qu'est-ce que le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) ?

Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR)Le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) sert notamment à indemniser les usagers bancaires en cas de faillite de leur banque. Créé en 1999 suite à la promulgation de la loi sur l'épargne et la sécurité financière, ce fonds de garantie jouit d'une mission d'intérêt général. Le FGDR pilote en réalité trois mécanismes :

  • la garantie des dépôts (garantie des avoirs déposés dans une banque) ;
  • la garantie des investisseurs (indemnisation des investisseurs pour les titres détenus dans une banque) ;
  • la garantie des cautions (garantie pour les cautions délivrées par la banque en faveur de professionnels vis à vis de leurs clients).

La première d'entre elle est la plus connue du public, couvrant la totalité des dépôts des clients à hauteur de 100.000 euros par établissement de crédit. 

Tous les établissements bancaires agréés y adhèrent obligatoirement. L'adhésion leur permet de disposer d'un siège au conseil de surveillance au côté d'un représentant de la direction du Trésor endossant le rôle de censeur. Le FGDR collabore étroitement avec les pouvoirs publics, qu'il s'agisse de l'autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR(7)), ou du Ministère des Finances. Plus concrètement, le fonds de garantie intervient à la fois de manière préventive et curative. Dans le premier cas, l'organisme intervient auprès d'une banque en difficulté à la demande de l'ACPR. Dans le second cas, l'intervention consiste à indemniser les clients sous 7 jours ouvrables suite à la faillite constatée d'un établissement

Les dépôts bancaires garantis par le FGDR se répartissent en deux groupes :

  • D'un côté, on trouve les livrets d'épargne réglementés (Livret A, Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS)), Livret d'Epargne Populaire (LEP) qui profitent d'une garantie de l'état. Tous les dépôts de ces livrets d'épargne sont couverts, le FGDR remplissant uniquement la fonction d'opérateur de l'indemnisation ;
  • D'un autre côté, ce sont tous les autres dépôts (compte courant, PEL/CEL, Livret Jeune, etc.) que le FGDR couvre à hauteur de 100.000 euros, sachant que ce plafond passe à 500.000 euros supplémentaires en cas d'événements exceptionnels (licenciement, héritage, vente immobilière, etc.).

Bon à savoir : une partie des fonds mis sur un Livret A ou un LDDS est centralisée non par la banque mais par la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Cette part, variable d'une banque à l'autre (87 % pour la Banque Postale, le Crédit Mutuel ou la Caisse d'Epargne, 24 % pour les autres), jouit d'une garantie supplémentaire de l'État qui s'ajoute au plafond de 100.000 euros.

La somme garantie en cas de faillite d'une banque est valable par déposant et par établissement. Autrement dit : un déposant qui place ses fonds dans trois banques différentes faisant faillite voit son plafond passer à 300.000 euros. Dans le cas particulier d'un compte joint, la somme est partagée entre les cotitulaires, chacun étant couvert individuellement par une garantie jusqu'à 100.000 euros.

Types d'avoirs Montant maximal garanti Fonds d'indemnisation
Dépôts bancaires 100 000€ par déposant et par établissement Fonds de garantie de dépôts
Titres (actions) 70 000€ par épargnant et par établissement Fonds de garantie de dépôts
Livret A, LDDS Sommes centralisées à la CDC L'état, via la CDC
Assurance vie 70 000€ par épargnant et par établissement Fonds de garantie des assurances de personnes

A noter : la garantie des dépôts couvre aussi bien les particuliers (majeurs et mineurs) que les entreprises. Sont exclues les autorités publiques et les institutions financières comme par exemple les banques d'investissement censées être capables de gérer leur propre risque.


Quelles sont les garanties pour les clients d'un établissement de paiement ? 

Les dépôts ne sont pas couverts par le Fonds de garantie qui n'intervient que pour des établissements de crédit agréés par l'ACPR(7). D'autres mécanismes de protection existent tout de même pour les établissement de paiements :

Le compte de cantonnement dans un établissement de crédit

Celui-ci est ouvert par une néobanque dans un établissement de crédit. Elle y place les fonds sans avoir le droit d'y toucher. Si la banque mobile fait faillite, les dépôts étant séparés, les clients récupèrent leurs avoirs. Et si la banque qui héberge le compte de cantonnement fait défaut ? Le FGDR(9) indemnise l'établissement de paiement au niveau du montant des encours de ses clients dans la limite de 100.000 euros par client. 

Le compte-Nickel dispose d'un compte de cantonnement au Crédit Mutuel Arkéa à l'instar des Fintech Qonto ou Pumpkin. La Fintech Lydia a opté pour un compte de cantonnement chez BNP Paribas. Pour la néobanque Revolut qui espère obtenir l'agrément et le passeport européen, c'est aussi l'option du cantonnement dans la Lloyds. 

Les marques commerciales protégées par leur maison mère agréée

Le déclenchement du fonds de garantie dépend de l'agrément de la banque qui fait défaut. Les néobanques qui sont des marques commerciales d'établissements de crédit (Carrefour Banque pour C-Zam, Crédit Agricole pour Eko by CA, Enjoy pour les Caisses d'Epargne et prochainement Ma French Bank pour La Banque Postale) ne posent pas de souci. En cas de faillite, le FGDR indemnise les clients au titre de l'agrément bancaire de leur distributeur. 

Toutefois, le Fonds de garantie cumule les dépôts des deux établissements pour évaluer le montant de l'indemnisation par rapport au plafond.

Exemple : vous détenez 44.000 euros sur votre compte eko By CA et 70.000 euros sur votre compte au Crédit Agricole. Vous serez remboursé à hauteur de 100.000 euros, ce qui vous fait perdre 14.000 euros en cas de faillite du Crédit Agricole.

Harmonisation des fonds de garantie en Europe : le cas N26

Et si la néobanque N26 fait faillite, serais-je indemnisé ? Oui, mais la prise en charge n'est pas du ressort du FGDR puisque N26 est un établissement de crédit en France. En revanche, il s'agit bien d'une véritable banque en Allemagne qui a la possibilité de vendre des solutions de crédits par exemple en son nom. La banque digitale participe donc à un fonds de garantie équivalent outre-rhin pour lequel elle cotise. 

Le plafond se situe aussi à 100.000 euros. Il résulte d'une harmonisation au niveau européen souhaitée après la crise financière et bancaire qui a sévi en 2008. Si N26 venait à faire faillite, les clients français seraient remboursés par le fonds allemand de la même manière que s'ils avaient placé leurs dépôts dans une banque française. Notez que la procédure est similaire pour les clients de la banque en ligne ING Direct, dont la maison-mère se trouve aux Pays-Bas.

Bon à savoir : mes dépôts sont-ils couverts chez Orange Bank ? Oui, vos dépôts sont couverts par le FGDR, car Orange Bank dispose de l'agrément de l'ACPR obtenu au moment du rachat de Groupama Banque.

Quelles sont les garanties pour les dépôts dans une néo-banque ?

Néobanque Type de garantie des dépôts
Compte de cantonnement au Crédit Mutuel Arkea, Barclays...
Garantie FGDR de sa maison mère Carrefour Banque
Compte de cantonnement au Crédit Mutuel Arkea
Garantie FGDR de sa maison mère Crédit Agricole
Garantie allemande des dépôts (équivalent FGDR)
Garantie FGDR
Compte de cantonnement au Crédit Mutuel Arkea
Compte de cantonnement à la Lloyds

Et quelles sont les garanties pour les dépôts dans une banque en ligne ?

Banque en ligne Type de garantie des dépôts
Garantie FGDR
Garantie FGDR 
Garantie FGDR
Garantie néerlandaise des dépôts (équivalent FGDR)
Garantie FGDR de sa maison mère BNP Paribas
Garantie FGDR
Garantie FGDR

Quelle est la procédure d'indemnisation pour les clients ?

Le délai d'indemnisation est de 7 jours ouvrables. Les clients se connectent sur le site internet du FGDR(9) pour accéder à un espace sécurisé. Après leur authentification, ils saisissent le numéro d'un nouveau compte afin de recevoir le versement. Ils doivent donc en priorité s'atteler à avoir un autre compte dans une banque qui ne serait elle pas en faillite. 

Il faut également savoir que le Fonds de garantie est abondé par les établissements de crédit adhérents. Leur participation est calculée en fonction de la masse de dépôts hébergée. Une prime de risque peut également être imposée par l'ACPR(7) si l'autorité estime que le risque sur tel ou tel établissement de crédit pèse plus fortement. A contrario, une banque dont la gestion apparaît plus vertueuse a droit à une décote.

Le Fonds de garantie recueillait 3,9 milliards d'euros au 31 décembre 2017, avec un gain supplémentaire de 400 millions d'euros prévu en 2018. L'objectif fixé à l'horizon 2024 est de couvrir 0,5 % de la totalité des dépôts bancaires qui s'élèvent à 5,5 milliards d'euros. Il faut aussi ajouter l'apport éventuel du Mécanisme européen de résolution unique dont la collecte sera de 55 milliards d'ici 2023. 

Ce chiffre représente 1 % des dépôts des établissements de crédit. Pour l'heure, les discussions sur la mise en œuvre d'un fonds commun européen de garantie des dépôts achoppent. Cette réflexion sur sa faisabilité technique est menée au sein de l'European Forum of Deposit Insurers. Reste à convaincre les dirigeants de s'entendre sur un accord politique. 


Quelle est la garantie des dépôts en assurance vie ?

Les placements en assurance vie sont garantis à hauteur de 70.000 euros par déposant et par compagnie d'assurance. Peu importe si les supports sont en euros ou en unités de compte. Ce plafond peut atteindre 90.000 euros lorsque des bénéficiaires héritent d'une rente provenant d'un contrat d'assurance décès ou d'une rente d'incapacité ou d'invalidité. 

Ce n'est pas le FGDR(9) qui gère l'indemnisation mais le Fonds de Garantie des Assurances à la Personne (FGAP) lancé en 1999. Ce dernier intervient en cas de défaillance d'une société d'assurance à la demande de l'ACPR(7). Les modalités sont identiques sauf que le rachat par une autre compagnie du contrat d'assurance est possible au cours de la période entre le constat du défaut et l'indemnisation. Les sociétés d'assurances agréées en France ont l'obligation d'adhérer et de cotiser au FGAP.

Bon à savoir : les actions, les parts sociales, les comptes à terme et les titres de créances sont couverts par la garantie titres à hauteur de 70.000 euros. Cette somme correspond à la somme des valeurs des titres au moment de la déclaration d'indisponibilité. Le délai de paiement est de trois mois (renouvelable à une seule reprise).


Quelle est la banque la plus sûre en France ?

Pour répondre à la question de la banque française la plus sûre, il faut bien prendre en compte une variable importante : l'exposition des banques aux risques de marché.

En effet, les banques exercent deux types d'activités distinctes : 

  • la banque de dépôt et de crédit : leur coeur de métier qui permet de générer du PNB (Produit Net Bancaire) ;
  • la banque d'investissement : cette branche concerne principalement les activités de marchés dont la banque peut générer des gains liés aux investissements sur les marchés de produits dérivés (8) et marchés internationaux.

Or, la branche sur la banque d'investissement peut exposer la banque à des risques importants car ce sont des marchés très spéculatifs où les banques peuvent investir les dépôts de leurs clients et une partie plus ou moins importante de leurs capitaux propres. Il est difficile de connaître la part des investissements de ces banques sur ces marchés risqués car il n'y a pas de transparence de la part des banques sur ce sujet, malgré les avancées des réglementations de Bâle. C'est d'ailleurs pourquoi certains économistes prônent la séparation capitalistique des activités de banque de dépôt et de crédit avec les activités de banque d'investissement. Cela permettrait de limiter fortement les risques de défaillance des banques dans le cas de tensions ou de crises financières.

Il faut alors considérer quels sont les risques pris par chaque banque en matière d'investissement pour mesurer son niveau de risque et la sécurité qu'on peut avoir à lui confier son argent.

Parmi les grandes banques françaises, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et le groupe BPCE (Banque Populaire - Caisse d'Epargne) possèdent des branches ou filiales d'investissement très actives sur les marchés de produits dérivés(8) et internationaux (BNP BFI, SG CIB, Calyon, Natixis) . Elles investissent notamment dans les dettes publiques à l'étranger en en rachetant des parts à taux élevés (dette grecque, turc...). Si ces grandes banques françaises ont déjà pu subir des pertes importantes durant les dernières années, notamment lors de la dernière crise financière en date, elles ont pu y faire face grâce à un niveau suffisant de fonds propres et à une aide exceptionnelle de l'Etat. Mais elles restent tout de même très exposées avec des engagements sur des actifs risqués (dérivés de crédit...) et ces investissements opaques restent difficiles à évaluer dans le futur.

Le groupe Crédit Mutuel, quant à lui, possède également une branche de banque d'investissement, mais sa stratégie est de rester solide en conservant sa bonne santé financière. Pour cela, le Crédit Mutuel privilégie ses activités de banque de détail et limite ses investissements sur les marchés risqués. Le groupe n'a d'ailleurs jamais connu de perte significative sur ces marchés et fait figure de "bon élève" lors des différents stress tests réalisés par la BCE et l'Autorité bancaire européenne. Elle est la banque française la plus solide pour résister aux chocs financiers selon le dernier stress test dont les résultats ont été publiés le 2 novembre 2018 et il en était déjà ainsi précédemment en 2016 et 2014. Le Crédit Mutuel est donc un groupe bancaire dans lequel on peut avoir confiance et est l'une des banques les plus sûres de France.

Enfin, il faut évoquer une banque bien particulière dans ce secteur qui est la Banque Postale. Si elle n'est pas parmi les plus performantes des banques françaises dans les résultats des derniers tests de résistance de la BCE, elle possède une garantie que les autres banques n'ont pas : la garantie de l'Etat. En effet, la Banque Postale appartient à l'Etat, qui est son actionnaire. Elle possède de bons ratios de liquidités et de solvabilité, et avec un coût du risque qui demeure très bas, un bilan solide et des résultats en hausse, la Banque Postale est certainement la banque la plus sûre de France.

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